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Les CLOCHES
Les CHAPELLES
L'EGLISE.
| Tout porte à croire qu'une
"chapelle" fut élevée à Estaimbourg, au lendemain de la
conversion des Francs, au jour où le pays fut habité, car, la région de
Tournai fut une des premières à se soumettre à la loi du Christ et de
son Église.
Après le torchis dont elle était faite, une
nouvelle église beaucoup plus résistante fut construite en pierre; les
vestiges de cette église, qu'on peut découvrir en remuant le sol à
proximité du caveau des de Bourgognes, était orientée de l'Ouest
à l'Est selon l'ancienne coutume, le choeur, peu éloigné du château
féodal, communiquait avec ce dernier par une issue qui permettait
d'atteindre le pont-levis du vieux castel.
Après l'incendie du château fort et du
village par les Français en 1478, il est très probable qu'on dut relever
les ruines du temple en même temps que celles du manoir. L'église fut
donc reconstruite en pierre de Tournai, elle défia les intempéries
jusqu'en 1784, date à laquelle il fut décidé de la démolir pour
construire l'édifice actuel, orienté de toute autre façon.
Notre église, de style semi-classique,
fut rebâtie en 1784, par un entrepreneur appelé Mathieu, pour le prix de
7.200 florins. Elle fut dédiée à St Ghislain et à St Denis et fut
bénie l'année suivante par Mr le curé de St Léger.
A l'intérieur, on remarque trois nefs.
Les voûtes, à plein cintre, sont supportés par cinq colonnes
monocylindriques. L'autel est orné d'une toile représentant le Christ en
croix; mais ce qui la rend intéressante, c'est le tombeau qu'elle
contient, celui de Gilbert de la Broye, seigneur du lieu, ainsi que la
belle lame funéraire d'un autre seigneur local, le chevalier Philippe d'Ollehain.
Les orgues.
Notre église paroissiale fut dotée de
nouvelles orgues qui furent inaugurées le 31/08/1930, il est intéressant
de noter que l'instrument, don de la famille Clovis Poullet, bourgmestre,
vient de la Maison Delmotte de Tournai.
Les vitraux.
Avant la
grande guerre de 1914-18, le choeur de l'église d'Estaimbourg était
orné de deux vitraux qui avaient été donnés par Mr. Charles de
Bourgogne, ancien bourgmestre, ils portaient effectivement les
armoiries de la famille. Ces oeuvres d'art furent détruites par le
bombardement de 1918.
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Nous devons les magnifiques vitraux
actuels à la générosité de Mr. Maurice Caulliez-Leurent,
autrefois châtelain d'Estaimbourg et industriel à Tourcoing. Ils
furent fabriqués par Mr. Henri Coppejans de Gand en 1925. Ceux du
choeur portent, comme leurs devanciers, les armoiries des de
Bourgogne; celui de gauche représente la naissance de Jésus,
tandis que l'autre est un tableau vivant de sa résurrection. |
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La Paroisse.
| La plus ancienne mention de
l'existence de la paroisse d'Estaimbourg remonte au XII° siècle. Dans un
cartulaire de Notre-Dame de Tournai datant de la fin du XII° siècle, il
est fait état de la paroisse de "Stienburg", laquelle était
effectivement la nôtre.
L'évêque de Tournai donna à l'office du
réfectoire de la cathédrale de cette ville, l'"autel" d'Estaimbourg,
c'est-à-dire l'église paroissiale, avec tous les droits et revenus qui
s'y attaches et les charges correspondantes. |
LA CURE.
| La première cure se trouvait à
l'emplacement du cimetière actuel, elle fut abattue pour l'agrandissement
de celui-ci.
Le nouveau presbytère fut érigé en 1910. Il
fut vendu dans les années 1990 à un banquier qui le restaura
magnifiquement bien. |
Trois épisodes sanglants de la Révolution
Française.
| 1° La révolution Française
suscita contre l'église des terribles persécutions. Cette révolution,
faite au nom de la liberté, eut sa répercussion jusque dans nos mur,
puisque "trois prêtres furent les victimes.
Quant les révolutionnaires
français entrèrent à Estaimbourg, en mai 1794, la paroisse était
desservie par Mr; l'abbé Delcourt qui était alors très âgé et impotent.
La soldatesque le força à prêter le "serment
constitutionnel", serment q!aucun prêtre vraiment digne ne pouvait
accepter. Sur un refus, les révolutionnaires se rendirent à l'église
qui était toute proche du presbytère, et en rapportèrent les cierges
qu'ils avaient trouvés. Sans mot dire, ils lièrent alors le prêtre sur
son fauteuil, y attachèrent les cierges, les allumèrent et ... le
malheureux vieillard périt complètement carbonisé.
2° Mr; l'abbé Delcourt avait un
"coadjuteur" nommé Duchatel, homme très vigoureux et avisé.
Quand les révolutionnaires entrèrent chez lui, il les fit boire plus que
de raison et, profitant de leur ivresse, s'enfuit à la dérobée.
Quelques temps après, les soldats s'aperçurent tout à coup de son
évasion et se mirent à sa recherche. Une femme qu'ils rencontrèrent trahit
malheureusement le courageux abbé, il était blotti dans les fossés
du château. Ils l'abattirent à coup de
fusil!
3° Quelques mois plus tard, un prêtre
français, traqué comme une bête par les émissaires de la République
pour avoir refusé de prêter le fameux serment constitutionnel, fut
contraint de s'exiler et profita de son passage à Estaimbourg
pour célébrer la messe.
L'abbé pénétra dans
notre église suivi de quelques paroissiens. Pendant qu'il célébrait le
saint sacrifice, deux soldats révolutionnaires entrèrent subrepticement
dans le temple, inspectèrent les lieux et allèrent se poser près de
l'autel. Ils laissèrent le temps d'achever la messe; ils lui permirent
même de rentrer dans la sacristie pour se dévêtir. Alors, l'abbé qui
avait pressenti le danger, crut prudent de s'esquiver et se sauva par une
porte secrète (cette porte est aujourd'hui la fenêtre de la sacristie).
Ne le voyant pas revenir dans le choeur, les soldats furieux sortirent de
l'édifice et se préparèrent à porter leurs investigations en direction
de Pecq, quand les regards indiscrets des témoins de cette scène leurs
indiquèrent clairement la route à suivre!
Ils prirent donc la
direction appropriée qui était malheureusement la bonne, et
rattrapèrent le fugitif au point terminus d'une ruelle aboutissant dans
les champs vers Bailleul. Quelques coups de feu retentirent, et
l'infortuné tomba, fusillé par ses compatriotes! (une grande partie de
cette ruelle fut démolie pour faire place à la
tannerie
Poullet). On peut encore admirer quelques très vielles maisons dans
cette ruelle, aujourd'hui appelée: Ruelle du prêtre. |
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